Le mot du mois

Le mot du mois de janvier
Par Françoise Revellat

Le mouvement coopératif est divers : coopératives agricoles, coopératives de distributeurs comme Leclerc, ou coopératives de salariés. Ces dernières recouvrent en France trois statuts : SCOP (désormais Sociétés COpératives et Participatives), SCIC (Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif, ouvrant l’entreprise à plusieurs parties prenantes : bénévoles, collectivités locales, usagers) et CAE (Coopératives d’Activités et d’Emploi, structures d’entrepreneuriat collectif rassemblant des entrepreneurs-salariés).

Elles sont nées en 1848 en Angleterre de la résistance ouvrière, où des ouvriers tisserands créèrent la première coopérative, la « Société des équitables pionniers de Rochdale ». Quoi qu’en disent leurs détracteurs, qui en minimisent l’importance, affirmant que le phénomène n’a jamais dépassé le stade de composante minoritaire de l’économie, les coopératives ont le vent en poupe.

A la fin de l’année 2009, les coopératives de salariés, c’est  1 925 SCOP (dont 89 SCIC), 40 424 salariés (soit une hausse de 10% en cinq ans, contre une perte d’emplois de 10% dans l’industrie sur la même période), 3,9 milliards d’€ de chiffre d'affaires et 158 millions d’€ de résultat net. 

Leurs atouts sont à la fois économiques et éthiques. Économiques, car elles affichent une belle santé qui contraste avec la fragilité des PME traditionnelles. Le réinvestissement d’une grande partie des bénéfices, l’impossibilité de plus-values spéculatives leur donnent des fonds propres plus solides que les PME, généralement sous-capitalisées. Éthiques car elles reposent sur la solidarité et l’égalité entre coopérateurs (une personne = une voix). Elles sont porteuses d’un modèle économique et d’une gouvernance originaux, qui apparaissent comme une alternative aux dérives du capitalisme financier. 

Les SCOP sont aussi une solution pour permettre la reprise d’une entreprise par ses salariés, dans un contexte où la transmission des PME sera un enjeu majeur des prochaines années.

Ancrées dans leur territoire, la proximité avec le mouvement des CIGALES est évident. Les CIGALES ont accompagné quelques beaux fleurons « historiques » des SCOP comme Ardelaine (filière laine), et finance aujourd'hui encore de toutes jeunes SCOP comme Inflammable Productions (voir rubrique « Témoignages d'entreprises »). 
De même, les CIGALES participent au développement récent des SCIC en étant notamment sociétaires d’Enercoop (voir rubrique « Témoignages d'entreprises »). 

Face à la question du partage des richesses dans l’entreprise, les coopératives de salariés, fondées sur la gestion démocratique, sont un exemple de la possibilité de concilier pérennité économique et plus-value sociale

Françoise Revellat, membre de la CIGALES Cigavenir

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