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L'université de la Terre
et la finance solidaire

Créée à l’initiative de François Lemarchand, Président de la Fondation Nature et Découvertes, l’Université de la Terre a été inaugurée en novembre 2005 à l’Unesco.
Quatre éditions s’y sont d’ores et déjà déroulées et ont réuni des milliers de personnes formant un large public, de plus en plus nombreux.

18 000 personnes se sont déplacées pour "Bâtir une nouvelle société" à l’occasion des 21 conférences/débats de la 4ème édition de l’Université de la Terre les 2 et 3 avril 2011 autour des 60 personnalités qui ont participé à ces rencontres.

L’Université de la Terre est un carrefour de réflexion et de débats, qui propose deux journées de découverte et d’échange ouverte à tous, sur les grands thèmes de société et d’environnement et aussi d’économie et de finances.

Rendez-vous de la connaissance, elle invite des dirigeants d’entreprises, des scientifiques, des économistes, des politiques, des hommes de religion, des sociologues, tous conscients des défis majeurs qui menacent notre planète, à témoigner et à partager leur expertise, leur vision du monde d’aujourd’hui et de demain.

Les débats sont conçus à la fois pour aborder des questions à l’échelle de la planète, mais aussi à l’échelle de l’Europe et dans certains cas de Paris et de sa région vu la localisation des échanges.

L’économie sociale et solidaire est désormais considérée comme digne d’intérêt et d’examen, car ce n’est plus un épiphénomène.

Un débat portait d’ailleurs sur la nouvelle finance, et avait pour titre :  La nouvelle finance au service de la nouvelle société (le samedi 2 avril 2011 de 14h30 à 16h00) avec à la tribune : Jean-Louis Bancel, Président du Groupe Crédit Coopératif - Jean-Christophe Capelli, Co-fondateur et président de FriendsClear - Jacques Généreux, Economiste - Claude Alphandéry fondateur de France active.
C’est Stanislas Dupré du bureau Utopies qui conduisait la discussion.

Il a posé le débat en ces termes : nos sociétés doivent d’urgence se convertir à un autre modèle industriel et à d’autres sources d‘énergies moins polluantes. Les banques auront un rôle à jouer car ce sont elles qui financent les projets.

Jacques Généreux, économiste proche du Parti de Gauche, a adopté un autre point de vue. Il estime que nous vivons une période de grande régression. Il met en cause une situation où le pouvoir est détenu par ceux qui possèdent le capital.

Quand on lui parle de finance solidaire ou d’investissement socialement responsable, il acquiesce, à condition que cette nouvelle finance ne soit pas seulement une niche à côté de la finance classique. Il faut au contraire changer l’orientation de toute la finance. Avoir d’un côté une finance socialement responsable et de l’autre laisser se développer une finance qui ne l’est pas n’a aucun sens selon lui.

Claude Alphandéry est fondateur de France active, qui aide des projets d’insertion, tels que les Jardins de Cocagne. C’est un acteur historique de la finance solidaire en France. Cet ancien résistant a cité le programme du conseil national de la Résistance.

Il a expliqué le mécanisme de l’épargne solidaire, dans lequel les banques contribuent, par exemple, au financement d’actions d’insertion.

Jean-Louis Bancel a insisté aussi sur le rôle de l’économie sociale et solidaire (ESS). Ce fut d’ailleurs la conclusion des débats, apportée par un autre intervenant: “l’ESS sera la Bastille de 2012″.

Pour Jean-Louis Bancel, le marché ne se régule pas de lui-même. Il a plaidé pour la transparence dans le domaine financier. Il conseille aux épargnants de demander à leur banquier où est investi leur argent. Plus généralement, il pense que l’opinion publique a un rôle important à jouer pour obtenir cette transparence.

Stanislas Dupré est favorable à plus de démocratie dans le fonctionnement des banques. Il voit notamment d’un bon œil le projet Finance Watch, lancé par des députés européens. Finance Watch est un appel à la société civile pour qu’elle créer une organisation non-gouvernementale qui observerait les activités menées sur les marchés financiers par les banques, les compagnies d’assurance, les hedge funds, etc.

Jean-Christophe Capelli est un entrepreneur du Web.  Sa société, Friensclear, est un site de finance participative (ou crowd funding) dédié au financement d’entrepreneurs français. Concrètement, il met en relation des entrepreneurs et des investisseurs. (voir un exemple : le crowd funding pour la mode).
Jean-Christophe Capelli a présenté d’autres outils de finance participative : Kiva et Babyloan.
Il a aussi évoqué les échanges d’argent sur téléphone mobile qui permettent des initiatives dans des pays en développement.

Et pour toute cette foule, qui a apprécié les débats, quelle est l’utilité d’une telle manifestation ?

Pour François Lemarchand, un des organisateurs « l'Université de la Terre réunit des acteurs sensibles aux idées écologistes et le monde de l'entreprise pour montrer des actions concrètes déjà tournées vers le monde de demain ». Une manifestation donc pour redonner espoir, pour éveiller les consciences non convaincues et pour vérifier que les divers partenaires peuvent œuvrer dans un même sens.
 
Des regrets : peu de jeunes parmi les intervenants et peu de femmes parmi les représentants d’organismes et d’entreprises.
 
Jean-Claude Galland (membre de la CIGALES Pied à l'Étrier) à partir de documents de blogs, de sites internet et d’impressions personnelles.
 
L’histoire d’Utopies
Lors de la création d’Utopies en 1993 par Elisabeth Laville et Catherine Gougnaud, le développement durable était loin de constituer un centre d’intérêt pour les grandes entreprises françaises. Utopies était à cette époque la seule structure en France, et l’une des premières dans le monde, à promouvoir la responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise. Au début sous forme associative, Utopies est devenu en 1994 une SARL dont la mission est inchangée. Utopies est aujourd’hui l’un des premiers cabinets de conseil dans ce domaine, en France et dans le monde.

En 2008 Elisabeth Laville devient administrateur de Nature & découvertes, reçoit le prix Veuve Clicquot de la Femme d’affaire et est fait chevalier de la Légion d’Honneur.

Utopies et les Caisses d’Epargne lancent la première initiative d’étiquetage développement durable des produits bancaires en collaboration avec un panel de parties prenantes. www.utopies.com

Lancement du site Mes Courses pour la Planète par Graines de Changement
www.mescoursespourlaplanete.com
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