Le mot du mois

Le mot du mois de juin
Pas sérieux s'abstenir ! 
L'ESS, c'est du sérieux

Les 17, 18 et 19 juin, se sont tenus les État Généraux de l’Économie Sociale et Solidaire à la Bourse, Palais Brongniart, à Paris. La presse en a un peu parlé, évidemment pas assez à notre goût !

On peut se demander pourquoi la tenue de ces États Généraux ? Et pourquoi à ce moment là ?

L'économie sociale date du XIXe siècle avec les mutuelles, les coopératives et les associations, leurs statuts et leurs formes sont bien définis, elle a donc une histoire et semble être bien (re)connue du paysage économique. L'économie solidaire est à la fois plus ancienne, ses racines plongent dans le compagnonnage et aussi bien avant, et à la fois assez récente :  fin des années 70 et années 80. Elle recouvre une nébuleuse d'initiatives citoyennes et surtout de statuts différents. 
Toutes les deux se retrouvent pour partager une éthique et des valeurs communes, générer des démarches de démocratisation de l'économie dominante et surtout redonner à l'humain la place centrale qui devrait être toujours la sienne et ramener l'argent à sa place d'outil.

Depuis quelques années nous voyons apparaître d'autres initiatives souvent venues d'ailleurs, parfois parées de noms anglo-saxons : social business, green business, etc. ou d'autres plus exotiques. Beaucoup de choses peuvent être inspirées, voire copiées, de modèles testés ailleurs, c'est un enrichissement incontestable, mais il ne faudrait pas que ce soit une façon de penser que « l'herbe est toujours plus verte ailleurs » ni de leur faire jouer le rôle de Cheval de Troie.

Il y avait donc nécessité d'affirmer notre identité, de rappeler que l'ESS représente un emploi sur dix dans l'économie générale, ce qui n'est pas marginal et peut donner envie à certains de se parer des atours de cette ESS pour gagner des parts de marché, de vérifier les contours de notre nébuleuse et, aussi disons le, de nous retrouver, d'échanger et de mieux nous connaitre. C'est avec raison que Thierry Brun, dans son article de Politis n°1175, titre son entretien avec Jean Louis Laville : « C'est le moment d'être pris au sérieux ». Les CIGALES et Garrigue ont participé modestement à ces États Généraux en tenant un stand et en participant à des débats et des échanges en compagnie d'Ethos, entreprise cigalée et garriguée (voir article et photos). 

Nous, cigalier(e)s, ne sommes pas des enfants de chœurs, même si certains pensent que nous sommes de sympathiques utopistes au cœur sur la mains, c'est pour cela que le conseil d'administration de notre association régionale d'Ile de France a décidé de signer la tribune « Economie Sociale et Solidaire changement d'échelle, mille fois oui, mais au service de quelle société? »* La solidarité n'empêche pas la vigilance ! Au contraire.

Yves Barnoux, président de l'association régionale des CIGALES d'Ile-de-France

* A lire en cliquant ici
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