Théma ESS

Les États Généraux de l'ESS
Quelques impressions

Ces États Généraux de l’Économie Sociale et Solidaire ont été une réussite du point de vue de la préparation, de la fréquentation et des débats du vendredi soir et du samedi : « Beaucoup de monde et des salles insuffisantes pour les conférences qui étaient intéressantes et qui faisaient bien le point sur les forces actuelles de l'ESS ». (Alain C., CIGALES)
Mais néanmoins il y a quelques critiques qui font jour : « On était dans « l'entre-soi » et le ton général était donné par les représentants des « poids lourds de l'ESS ». Où étaient les acteurs de base ? Ils n'étaient que trop peu invités à prendre la parole ! Et les débats gênants sur l'évolution de l'ESS par rapport à la vogue actuelle et ambigüe du social business n'a pas été discutée au fond. Les organisateurs avaient-ils peur de faire ressortir des affrontements au sein de la « famille» ESS ? ». (Alain C., CIGALES). 

Atelier CIGALES-Garrigue
Le dimanche après-midi, nous tenions un stand pour présenter les CIGALES et Garrigue. Dans cette même salle se déroulaient de petits ateliers, là aussi quelques critiques apparaissent : « [J'ai participé à] un atelier dans une salle avec des stands, sans micro pour se faire entendre, avec une assistance très limitée, dans une pièce à l'étage où beaucoup de visiteurs ne sont sans doute pas passés... 2 ou 3 vagues contacts très préliminaires pour cet atelier ». (Laurent P., Garrigue) 

Stand CIGALES-Garrigue
Ce que confirme l'un de ceux qui tenaient le stand : « Deux porteurs de projets potentiels reçus en deux heures de présence dans une manifestation de cette importance, ça ne permet pas de pousser un (même petit) cri d'enthousiasme ». (Jean François B., CIGALES). 

Les sentiments de cette dernière journée sont donc moins enthousiastes que ceux des deux jours précédents surtout en terme de retour pour nous CIGALES et Garrigue : « J'en retire le sentiment d'une disproportion entre l'investissement global fait par les organisateurs de cette manifestation et notre propre investissement en temps et en énergie et les retours que l'on peut en attendre ». (Laurent P., Garrigue) 

Tout cela amène quelques réflexions : « J'ai vécu ces trois jours comme un moment fort, mais au service de qui ? Mon analyse est que cela a été surtout un moyen de lobbying pour défendre les budgets des structures organisatrices et assurer leur pérennité au delà de 2012. Tout ce qui pouvait être divergent par rapport aux idées des initiateurs a été très peu repris (c'est un euphémisme) dans les synthèses ». (Henri G., banque éthique) 
Et à se poser des questions : « Cela a-t-il été utile pour faire avancer l'ESS dans son ensemble ? A mon avis, très peu, mais il convenait d'être présent ». (Henri G., banque éthique) 
Et nous ramène à l'actualité économique dans son ensemble avec son cortège de crises, de problèmes bancaires non résolus : « Car quand tout va craquer (la future crise financière sera d'autant plus forte que les dirigeants mettent en place des moyens de fuite en avant), il est utile d'avoir des espaces d'expression qui pourront servir à l'ensemble des acteurs. Les prémices d'une accélération de l'histoire sont en cours. Dans la lutte pour aller de l'avant, ceux qui sont mis sous les projecteurs aujourd'hui, ne seront pas forcément ceux qui sortiront du bois ». (Henri G., banque éthique).

Mais il y a du positif et il fallait y être présent : « Ces trois jours des EG de l'ESS viennent de se terminer par un bilan plutôt positif : 400 cahiers d'Espérance, 3000 ou 5000 participants selon les sources ! (sans doute la Police et les organisateurs !) ». (José D., développement local
« Les cahiers d'espérances sont une bonne initiative, car c'est un canal qui pourra servir au delà des ambitions des initiateurs ». (Henri G., banque éthique).

Ces trois jours ne peuvent être une fin, il faut que ce soit un début surtout parce que demeurent quelques déceptions : « La séance de conclusion du dimanche 19 juin : « L'après Brongniart : vers un plaidoyer commun ? » n'a pas permis à des dizaines d'autres [structures] d'intervenir dans cette plénière conclusive ». (José D., développement local)

Et il ajoute pour donner de la perspective : « Les convergences comme je dis sont certes à étayer à l'interne de l'ESS, mais tout autant à ouvrir aux autres champs du développement local, de l'éducation citoyenne, de la démocratie de proximité, de la solidarité etc... et donc le mieux est d'être pragmatique ». (José D., développement local)

La conclusion reste : « ... mais c'était chouette de voir symboliquement la Bourse occupée par les tenants de l'ESS ! ». (Alain C., cigalier) 

Propos recueillis par Yves Barnoux et Judith Schneider

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