Le mot du mois

Le mot du mois de décembre
Les CIGALES et la finance solidaire

La  finance solidaire apparaît comme en pleine croissance si on en croit les chiffres de FINANSOL : 681 millions d’euros en 2010 contre 284 millions d’euros en 2007 1. Mais le verre est il à moitié vide ou à moitié plein ? Car il ne s’agit encore que d’une infime partie des flux d’épargne financière des français (moins de 1 pour mille). Si on veut que la finance solidaire porte une nouvelle logique de société et ne soit pas qu’un palliatif ou la bonne conscience du capitalisme financier, il faut réussir à convaincre les épargnants au-delà du cercle nécessairement restreint des militants ou des sympathisants. Pour cela, il faut relever plusieurs défis :
  • Améliorer la visibilité de la finance solidaire dans le grand public et, par un effort de pédagogie, permettre à l’épargnant de comprendre où va son argent
  • Améliorer la mesure de son impact économique et social : les outils d’évaluation restent en effet encore embryonnaires
  • Réfléchir à la façon de concilier investissement solidaire et rentabilité, car peu d’épargnants sont prêts à investir solidaire au prix du sacrifice de leur retour sur investissement (à peine 19 %2). La rentabilité de la finance solidaire repose en effet pour l’instant surtout sur des avantages fiscaux dont la pérennité n’est jamais garantie.
Il faut donc espérer que le projet de Banque Ethique Européenne porté par la NEF et appuyé sur cinq autres acteurs historiques de la finance solidaire (Fiare en Espagne, Crédal et Hefboom en Belgique, OekoGeno en Allemagne et Banca Etica en Italie) voit très vite le jour. 
Il dépendra de nous d’en faire un succès.

1 Baromètre de la finance solidaire Finansol 2010, sondage IPSOS
2 Idem

Françoise REVELLAT, gérante de la CIGALES Cigavenir
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