Le mot du mois de mai

Le mot du mois de mai

Coopérateurs et fiers de l'être


Les sociétés coopératives de production et les sociétés coopératives de consommateurs ont été, en France, une réponse collective à certains besoins dès les années 1830 : coopérative des menuisiers, boulangerie sociétaire, épicerie coopérative, etc. Elles véhiculent des valeurs de solidarité, d'entraide, de démocratie, d'égalité.

Par exemple, au n°32 de la rue des Boulets (75011)  se trouvait de 1874 à 1904, la plus importante coopérative de consommation parisienne, La Moissonneuse, crée par des ouvriers pour la plupart ébénistes. Elle a compté 19 succursales dans le faubourg dont : 8 épiceries, 2 boulangeries, 4 boucheries, 1 magasin de vêtements et chaussures, 1 chantier de bois et charbons, 1 entrepôt de vins et alcools à Bercy, 15 chevaux, 150 employés et jusqu'à plus de 16 000 membres en 1896. A cette époque les familles étaient très pauvres, la solidarité une obligation pour survivre, les coopératives se sont multipliées. Il y avait 4 autres grandes coopératives de consommateurs par ordre : La Bellevilloise, l'Egalitaire, la Revendication de Puteaux et l'Avenir de Plaisance. (d'après "Paris ouvrier" sous-titré "des sublimes aux camarades" livre d'Alain Rustenholz, paru aux éditions Parigramme,voir son blog : www.alain-rustenholz.net.)


Sous la Troisième République, malgré la guerre de 1870 et en partie grâce à la Commune, quelques grandes lois vont être promulguées et permettre la structuration de ce que l'on appellera l'économie sociale. Ainsi sous l’impulsion de Waldeck-Rousseau, vont voir le jour :
  • Le 24 juillet 1867, la loi qui reconnaît les coopératives, la loi suit avec près de 40 ans de retard la création des 1éres coopératives.
  • Le 1er mars 1884, la loi qui autorise les syndicats professionnels,
  • Le 1er avril 1898, la loi qui institue la mutualité et les mutuelles,
  • Le 1er juillet 1901, la loi sur la liberté d’association.

D’autres lois viendront compléter ces premières lois sociales : crédit immobilier en 1906 et en 1908, société de crédit maritime en 1913, sociétés coopératives de consommation en 1917, sociétés de caution mutuelle et des banques populaires en 1918, etc. Ces lois sont l'aboutissement de longues luttes populaires, d'organisations solidaires et l'aboutissement d'expériences, fruits de la nécessité des populations qui ont du mal à vivre, à se loger, à se nourrir, à se soigner.

Aujourd'hui nous sommes confrontés à des problèmes semblables à ceux du XIXe siècle : paupérisation, crises économiques, délocalisations, licenciements, patrons voyous (certains, pas tous!), actionnaires avides, etc. La prise en mains par les salariés eux mêmes apporte la stabilité de l'emploi, la non délocalisation, l'égalité de décision, etc. C'est donc une réponse, que soutiennent les CIGALES dans un esprit d'autogestion, pour recréer des nouveaux rapports dans l'entreprise plus exigeants mais qui redonnent une dignité aux salarié(e)s. C'est ce que nous décrivent François Desroziers de SPEAR et Alain Chataignier de la CIGALES Mille Trèfles dans les pages suivantes.

Yves BARNOUX, membre de la CIGALES Mille Trèfles
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