Rencontre avec Jean Pierre Biffraud : trésorier de la CIGALES des Coopains Solidaires

Jean Pierre Biffraud, coopanamien aujourd'hui retraité et trésorier de la Cigales des Coopains solidaires nous parle de son club Cigales composé de retraité·es, de salarié·es et d'ex-salarié·s de la Coopérative d'Activité de l'Emploi (CAE) Coopaname. Cette Cigales s'est dotée de dispositifs particuliers, pour répondre de manière efficace aux besoins  des entrepreneurs·eures salarié·es.  Restez avec nous pour en savoir plus !

Jean Pierre (à gauche et une partie des autres membres des Coopains solidaires)


Comment avez-vous connu les Cigales ?

Une Cigales de Rueil-malmaison est venue faire sa présentation  lors de la réunion mensuelle de Coopaname à Nanterre, en 2010 j'étais entrepreneur salarié à Coopaname, Maintenant je suis retraité et je suis trésorier de la Cigales des Coopains solidaires.

Comment a germé l’idée de fonder ou de rejoindre une Cigales ?

Nous étions 9 au départ du projet et nous avons muri notre décision de créer une Cigales pendant plus de 5 ans, en liaison avec la commission « Modèle economique » de Coopaname et de l'Association Régionale des CIGALES d'Ile-de-france, plus particulièrement au cours de l'année 2015.

En Mai 2016, nous avons décidé d'épargner chacun  10 euros par mois. Nous avons envoyé un questionnaire pour connaître les besoins des entrepreneurs salariés de Coopaname. L’enjeu était de  trouver un système solidaire de financement des activités des entrepreneur·es salarié·es, qui ne passe pas par les banques. Nous avons opté pour  des prêts d’honneur à taux 0 %.

L'outil financier a été débattu au sein de la commission modèle économique de Coopaname, avec le concours de l’Association régionale des CIGALES IDF qui était intéressée pour créer  un  système solidaire à destination des différents profils des porteur·euses de projet de l'ESS.
Cette réflexion a débouché sur la création de l'Association La Grillonne. 

En quoi votre Cigales est particulière ?

La création de l’association “ La Grillone” , dont les membres fondateurs  de la Cigales des Coopains solidaires font partie de droit, constitue le « véhicule » financier qui permet de financer les activités des entrepreneurs salariés de Coopaname.

C’est la cristallisation de la volonté de Coopaname, de l'association des CIGALES IDF,  et des Coopains solidaires de soutenir de manière concrète et efficace les porteurs de projets  de l'économie sociale et solidaire, en leur offrant un accompagnement humain et financier apporté par une ou plusieurs Cigales. Il s'agit d'un dispositif ouvert aux entrepreneurs-euses salarié-es , destiné au financement de la création et du développement d’activités orientées vers une valorisation humaine,  écologique, culturelle et  sociale.

L’Association “La Grillone” est aussi un espace d'expérimentation, de réflexion et d’éducation coopérative et financière tournée vers l’entraide  et le soutien de la réalisation de projets des entrepreneurs salariés des coopératives d'activité et d'emploi : les CAE.
  
Qu’est ce qu’une Cigales pour vous ?

Coopaname est un projet politique  qui invite à vivre et travailler autrement avec un projet
Une CIGALES est un Club d'Investisseur pour une Gestion Alternative et Locale de L'Epargne Solidaire. Juridiquement, elle est constituée par une indivision de membres qui souhaitent épargner pour développer des projets alternatifs et solidaires.

Comment prenez-vous les décisions d’investissement ?

Une fois par an, nous réalisons  des appels à projet.  Nous ne  passons pas tout le temps par la bourse aux projets classique organisé par l’Association Régionale.

Quant à l’investissement en lui-même,  comme nous n'avions pas suffisamment d’argent, on a conçu les statuts de la Grillonne pour que les autres Cigales puissent participer. Ce qui a été une bonne chose notamment dans le cadre d’un projet de boulangerie itinérante récemment financé : la Vagabonde, qui aussi été financé par les clubs Cigales  Rep'Inv'Ess et les Petites Graines, en complément du financement des Coopains Solidaires.

Rebecca Corazza, la porteuse du projet  « la Vagabonde », activité de boulangerie artisanale, avait également constitué  une cagnotte solidaire aussi de son côté. L'addition de ces quatre financements lui a permis de démarrer son activité dans de bonnes conditions et d'atteindre  ses objectifs sur l'année 2019.

Nous prêtons un montant de l'ordre de 1 000 à 2 000 euros en général. Dans  les 3 premiers mois, l’entrepreneur-euses ne fait pas de remboursement. Ce qui lui laisse le temps de démarrer son activité. Dans le contrat , la personne doit prévenir si elle ne peut pas rembourser. Nous sommes  aussi conscient·es du risque de non-remboursement.

Qu’en est-il des outils d’accompagnement ?

Nous suivons de près les entrepreneur·euses salarié·es que nous soutenons. Par ailleurs, nous nous appuyons également sur le travail réalisé par les chargé·es d’accompagnement de Coopaname qui suivent les entrepreneurs salariés. Un  parcours d’intégration avec des formations est effectué par  les entrepreneur·es salarié·es et un suivi du. de la  porteur·e de projet: est réalisé dans le cadre de son accompagnement.

Qu’est ce que faire partie d’un club Cigales vous apporte et quelles sont les difficultés?

Humainement, c’est l’occasion de se réunir avec les entrepreneu·ers salarié·es de Coopaname. Etant à la retraite , j’ai du temps pour m'en occuper. Cela me permet de renvoyer l’ascenseur aux jeunes, d'une part, et permet à des jeunes de vivre et de travailler autrement. Il s'agit aussi d'un lien intergénérationnel. Ce qui est intéressant c’est qu’on est aux deux extrémités de la chaîne. D’un côté, on a les retraités refoulés du monde du travail et de l’autre certains jeunes dont le monde du travail ne veut pas ou qui le refuse… c’est ça qui crée notre lien / notre intérêt commun à vivre et travailler ensemble.

Et si c’était à refaire ?

Je le referai et  je pense que c’est une bonne idée de créer une Cigales. Maintenant que nous avons démontré que cet outil de financement était opérationnel au sein de la coopérative d'activité et d'emploi Coopaname, et avec l'Association Régionale des  CIGALES d'île-de-france, ce dispositif ne demande qu'à s'étendre et se développer.



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