Portrait de Gribouilli, une structure cigalée et bien plus !

Et ça gribouille  et il s'agit de.. Gribouilli, une structure tournée vers la valorisation du  métier de garde d'enfant, soutenue par des citoyen-nes du mouvement des CIGALES IDF, dont nous sommes fières de vous dresser le portrait. Un portrait engagé que nous dessine Maimounatou, une jeune  parisienne, qui s'est lancée dans l'aventure entrepreneuriale avec sa mère Aminata. 

Ombline Kaufmann de Cig'Eole, Aminata Diouf et Maimounatou Mar

Qui sont les fondatrices de Gribouilli ? 



Je suis Mai J’ai 29 ans, je suis parisienne, j’ai fait des études de chimie, eu mon diplôme d’ingénieur après mes classes préparatoires et fait ma thèse à Clermont Ferrand. J’ai eu à bosser sur les batteries conçues pour aller dans l’espace. En fin de thèse, ce qui m’intéressait le plus c’étaient les start-up. Et c’est là que j’ai  découvert l'entrepreneuriat social, un bon moyen de réconcilier les besoins de l’innovation sociale et l’évolution de la sphère politique avec la réalité économique. Ma mère, en tant que nounou, se posait des questions sur son secteur notamment la  complexité des choses dans le milieu social.

Ma mère est venue jeune en France. Elle habitait chez sa grande tante  qui a ouvert le 1er salon de coiffure africain à Paris. Elle a eu un CAP vente et elle a toujours eu l’esprit entrepreneurial. Elle a monté son affaire de traiteur sénégalais et fait  de la garde d’enfant  à domicile la première fois dans un cirque. Elle est retournée à la garde d’enfant dernièrement. Elle avait été révoltée de ne pas savoir que dans le cadre de son métier de la garde d’enfant, elle pouvait bénéficier d’une formation continue dans le domaine de la petite enfance. Cela est notamment dû au manque de structuration du secteur  et de sa dévalorisation. Quand elle a suivi cette formation, elle a été repérée par la commission de Validation des acquis dans le domaine de la petite enfance et en a également intégré le jury.

C'est quoi Gribouilli ?

C’est sortir  les nounous de l’isolement et valoriser le métier de garde d’enfant. Il est important de  savoir que souvent les nounous cumulent des statuts sociaux d’exclusion, il y a  donc tout un enjeu pour le métier de garde d'enfant.

 Comment est né ce projet ?

En 2016... elle a attendu que le dernier petit qu’elle gardait soit autonome.  Le projet est officiellement né en mai 2017.  
Ce qui m’a poussé à me lancer c’est qu’en développant l’antenne de Make sense à Clermont, j’avais eu des retours d’expériences très intéressant quant au projet. Je me suis retrouvée dans une sphère qui me stimulait et qui touche au cœur de la société. J’ai grandi en France et le climat social en France m’a beaucoup affecté.  Je pense qu’on ne peut pas clamer une société égalitaire sans mettre en place une solidarité intergénérationnelle. Le leadership de l’enfant passe par l’empowerment des parents aussi.. A travers ce projet, j’ai l’opportunité de changer les choses. 

Les débuts ? Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontée en tant qu’entrepreneure ? 


C’est quand même paradoxal. On est dans un secteur  déclassé. Verbaliser les choses qui sont évidentes pour nous a été difficile. Il a été difficile de formuler les problématiques à mettre en exergue et les remonter aux pouvoirs publics. De plus, notre domaine est marqué par une  pluridisciplinarité et un degré de complexité assez fort. Faire l’équilibre entre le discours militant et l’essence même de la mission que l’on s’est fixé aussi a été difficile. Nous avons vraiment été soutenues et c’était impensable. Ma mère est voilée et avec tous les stéréotypes existants à ce sujet, le soutien qu’on a eu  a été une agréable surprise.  Quant aux freins, il y a surtout la question de l’autonomie financière.

Le leadership chez Gribouilli
Team Gribouilli - 2019
On travaille avec un public  avec des fragilités quant aux compétences digitales.Nous avons développé un programme "ambassadrice" qui traduit en même temps l’échelle de l’engagement chez Gribouilli. Chacun peut mettre la main à la pâte : elles portent le projet politique de Gribouilli et ont une formation sur le travail en équipe et le digital. On va vers du sociétariat et l’idée c’est de faire que notre communauté devienne sociétaire. 

Comment avez-vous connu les Cigales ?
Nous étions accompagnées par l’incubateur Epiceas hébergé par Projets19. Nous avons été dans leur couveuse pendant 6 mois. Je ne sais plus si c’est Bérangère qui est passée ou si nous avions reçu un mail… Epiceas nous avait motivé à participer à une Bourse aux projets et l’idéologie des Cigales répondait à nos principes… donc c’est par le réseau que nous avons connu les Cigales.
Comment êtes vous accompagnées dans votre vie d'entrepreneure, par les clubs cigales ?
Au début, on a eu un club qui nous a suivi : Cigéole. Ensuite, j’ai eu à rencontrer une cigalière d’un autre club qui nous a beaucoup soutenu.  On est plus partie sur l'enjeu de la commercialisation de nos services en B2B. Il y en a 2 qui se sont investis et ça s’est fait naturellement… Lors de notre permanence numérique pendant laquelle nous avions lancé notre campagne crowdfunding, les cigaliers·ères sont venu·es aider nos ambassadrices et ont animé la permanence en question. Ce qui a permis à nos ambassadrices de savoir comment ça marche et même d’être force de propositions.  Nous allons poursuivre  cette démarche car ils et elles avaient beaucoup aimé leur participation et cette proximité avec notre projet. Nous avons aussi été accompagnées  par les Cigales  dans le cadre des réseaux de crèches préventives qu’on veut mettre en place. Ombline, notre interlocutrice a beaucoup  participé à cela et à la stratégie du programme  ambassadrice.
Où en est votre projet ?
On travaille avec les professionnels  de santé. On a recruté 2 ambassadrices. En janvier, février il y avait  pas mal d’activité, mais depuis la crise sanitaire nos activités sont tombées à 0. On essaie de comprendre comment cette crise est une opportunité, comment capitaliser, tisser des relations et rendre le discours Gribouilli moins « mignon », mais vital et plus incisif après la crise.
La prochaine étape / les perspectives du projet ?
La priorité  est de se structurer et de gagner une autonomie financière avec les services de commercialisation en place.  Savoir comment certains choses qu’on fait gratuitement pour les partenaires peuvent être rémunérées. Il y a aussi un fort enjeu d’essaimage. Aller vers les auxiliaires de vie, aller vers les autres métiers d’aide à la personne et inspirer à valoriser  des initiatives peu valorisées Géographiquement, l'objectif serait de s'exporter hors d’Ile-de-France. L’enjeu est de tisser les liens au niveau local, nous avons reçu des demandes sur Lyon et Toulouse. L'enjeu si on vend nos services de mise en relation, c'est aussi de savoir comment l’adapter au modèle  de chaque territoire. Nous sommes membres de la Fédération internationale des travailleurs  à domicile et nous comptons s’appuyer sur ce réseau pour réaliser l'essaimage de notre modèle d'association aux Etats-Unis par exemple. De plus, nos gribouilleuses sont pour la plupart issues de l’immigration. Certaines d’entre elles  rêvent de rentrer par la suite et de faire un projet dans la petite enfance dans leur pays d’origine. Une idée serait de mettre en place un fonds d’investissement pour qu’elles puissent développer des structures comparables à la nôtre.
Gribouilli c'est aussi:


 


Et Audrey, Blanca, Kani, Antoinette... et d'autres femmes leaders qui améliorent le quotidien des familles.

Aita des Cigales
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