[ Episode 2: Le Relais, entreprise cigalée ]: Passation de témoin au Relais

Le 4 juillet 2020 a eu lieu l’Assemblée Générale (AG) de la SCIC Le Relais, à Pantin (93). AG particulière, puisqu’il s’agissait de la dernière où était présent, en tant que Directeur Général, Belka Kheder, qui a porté pendant plus de 28 ans cette structure  novatrice en associant un restaurant gastronomique adossé à une entreprise d’insertion par l’activité économique et un centre de formation aux métiers de la restauration, avec pour ambition de former et faire travailler des jeunes et des moins jeunes privé·es d’emploi du département. 



Pour rappel, Le Relais, partenaire de très longue date des CIGALES, avait déjà eu les honneurs d’un article sur notre site internet lors d’une levée de fonds en 2016 et plus récemment d’un article le mois dernier.*


L’Assemblée générale démarre ; nous étions plusieurs cigalier·ères (membres des clubs CIGALES) dans la salle parmi les sociétaires venus en présentiel (tandis que d’autres votaient par correspondance ou suivaient les débats en visioconférence). Le quorum était atteint par rapport à la centaine de sociétaires aujourd’hui présents au capital.
Parmi les 18 nouveaux sociétaires de la SCIC agréés lors de l’AG figure Nabil EL DIRANI, en catégorie « salarié » qui a travaillé dans l’humanitaire à l’international (notamment à la Croix-Rouge ou à Médecins sans frontières). C’est lui qui prend la succession de Belka. En effet, le Conseil d’Administration de la SCIC a acté en septembre 2019 le choix d’une gouvernance par un Directeur Général plutôt qu'une direction collégiale tout en laissant cette option ouverte pour l’avenir.

Nabil a sa feuille de route : tenir fermement la barre dans une année 2020 chahutée par les grèves de transport puis la crise du Covid-19, et poursuivre le développement sur le territoire dans le cadre du nouveau GES (Groupe Economique Solidaire) Les Relais Solidaires. Cela pourra passer par des partenariats avec d’autres acteurs pour mutualiser un poste de CIP (Conseiller en insertion professionnelle) dont Le Relais aura désormais besoin à mi-temps. Il faudra aussi lancer un chantier d’aménagement des temps de travail et mettre en place les structures de représentation du personnel au sein du GES.

Après les rapports moraux et financiers, le rapport social commenté par Belka donnait d’intéressantes précisions sur le public concerné (davantage masculin que féminin, âgé majoritairement de 26 à 50 ans, sans exclure quelques jeunes de moins de 26 ans ni quelques seniors jusqu’à 60 ans). En 2019, ce sont 29 salariés en CDI d’insertion et 244 stagiaires qui sont passés par Le Relais (pour un effectif de 18 salariés en insertion au 31/12/2019). Belka n’a pas manqué d’évoquer les difficultés rencontrées année après année pour faire fonctionner une entreprise mobilisant des fonds de diverses sources, pour combiner insertion par l’activité économique et activité de formation. Pari aujourd’hui gagné puisque la loi sur la formation professionnelle publiée en 2018 reconnaît l’action de formation en situation de travail (AFEST). 
 
L’engagement du Relais pendant le confinement au printemps 2020

Durant le confinement lié au Covid-19, le Relais, qui a dû fermer au public, s’est réorganisé pour confectionner jusqu’à 650 repas par jour, totalisant à la fin de la période 20 000 repas distribués gratuitement en Seine-Saint-Denis par plusieurs associations partenaires auprès de leurs publics (Secours Populaire, Le Refuge de Pantin, Equité Solidarité & Partage, …). Cette action a suffisamment séduit les financeurs publics et privés pour lever les 130 000 euros nécessaires pour assurer l’action exceptionnelle de solidarité (achat des produits, des conditionnements, salaires, fluides, frais de la structure…). Nous avons pu visionner un petit documentaire réalisé par deux jeunes pantinois sur cette opération. 

 
L’implication des financeurs citoyens auprès du Relais

Ayant entendu prononcer à plusieurs reprises les mots « financeurs solidaires » ou « La Pantinoise », je suis intervenu lors de la séquence de questions-réponses finales pour évoquer expressément les CIGALES, en rappelant qu’à ma connaissance il n’en existait plus aujourd’hui en activité sur Pantin. Ce pourrait donc être un projet pour le Relais que de susciter la création d’une nouvelle CIGALES dans son réseau et ainsi soutenir localement l’ESS.
Une fois passés dans l’espace guinguette « Le Parking » pour le pot d’après-AG, Belka a dédicacé plusieurs exemplaires du livre S’il suffisait de traverser la rue… Le Relais, un restaurant à Pantin, 25 ans d’économie solidaire (Philipe Chibani-Jacquot, Les Petits Matins, 2019). [collection Les petits matins]
Mais Belka ne coupera pas tous les liens avec son ancienne entreprise puisqu’il a accepté la mission de développer une activité de saladerie à l’extérieur de Pantin (au Pré Saint-Gervais dans un premier temps), dans le cadre du GES Les Relais Solidaires !

David (dont la 4ème CIGALES achèvera sa période d’activités fin 2020)

Les illustrations sont tirées du livre, ainsi que des outils de communication du Relais sur internet
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