Rétrospective - L'Arrosoir à déclics passe en gestion

Créée en février 2015 sous l’impulsion de Mathilde Virard et Fanny DARBOIS, le club d’investisseurs citoyens Arrosoir à Déclics a réuni une dizaine de membres de différents univers, qui ne connaissaient pas forcément le mouvement des Cigales. Aujourd'hui Fanny nous livre une petite rétrospective de 5 années d'engagement, de montées en compétences, de liens et d'investissements auprès des projets à fort impact positif. 

Photo prise avant la crise du Covid-19


L’heure est donc au bilan et au suivi des investissements réalisés par la cigales. Bien qu’il n’y ait plus de collecte d’épargne, les investissements dont les montants sont en moyenne à hauteur de 2000 euros par projet, sont toujours actifs.  Notre Cigales passe en gestion et à présent, 9 projets font l’objet d’un suivi.

Les projets qui ont été soutenus concernent l’agriculture urbaine (Paysan urbain), les métiers du livre (librairie la Réguliere), la vente de plantes vertes en circuits courts (Leaf), le handicap (i wheel share), le textile bio et équitable (les trouvailles d’Amandine), l’alimentation (la conquête du pain et O3 têtes), un tiers lieu (Pointcarré), et des cosmetiques bio (Bomoi). La plupart des projets est principalement portée par des femmes souvent jeunes et seules à l’image d'Axelle qui a créé Leaf mais aussi de Selimata (restaurant O3têtes), d’Amandine (les trouvailles d’Amandine) ou encore Audrey (i wheel share) et enfin de Julia et Alice (la Reguliere). Nous avons aussi soutenu des collectifs sous la forme de SCIC ou SCOP (Pointcarré, Conquête du pain, Paysans urbains). Une grande partie des projets soutenus est principalement basé à Paris, mais aussi en Seine saint Denis.
Mercredi soir, le rendez-vous en visio-conférence a commencé par un tour de table des actualités de chacun des adhérents. Depuis 5 ans, certains ont quitté Paris pour Lyon, la Bretagne et l’Hérault. D’autres ont pris ou renouvelé des responsabilités d’élu.e.s dans leur ville (Paris et Gentilly), mis en route un projet de famille, changé de travail, ont créé leur activité ou carrément changé de voie. Un de nos membres, Denis est en cours d’installation en tant que fermier avicole. Il a travaillé, pendant une dizaine d'années, en tant qu’expert comptable. 
Malgré ces changements, la cigales a pu continuer à fonctionner pendant 5 ans grâce à une forte implication des gérantes et à l’intégration de nouveaux adhérents à partir de la troisième année.
Passées les joies de se retrouver, chacun a pu revenir sur ce que lui a apporté l’expérience Cigales. Sarahí explique qu'elle a pu ainsi monter en compétences (notamment en comptabilité) qui lui servent aujourd’hui dans son métier et a souhaité se relancer dans une nouvelle cigales. Pour Vincent, “ce n’est pas tant les compétences, c’est l’opportunité de rencontrer pleins de gens différents, qui portent des projets avec énergie et cela donne espoir”. David va dans le même sens : “j’ai rencontré des gens formidables, et je continue à aller me fournir dans les boutiques où nous sommes associés”. Mathilde de son côté a adoré “la phase de création", de définition des règles de fonctionnement, mais elle n’envisage pas de poursuivre dans une autre Cigales. 
Pour Marylène, l’expérience Cigales c’est l’opportunité de dialoguer, échanger avec une communauté de personnes, et surtout de prendre des décisions importantes, celle d’investir dans une entreprise.  Être en contact avec des gens actifs et positifs est une vraie chance. L'expérience Cigales  m'a permis de mieux connaître la culture de l’entrepreneuriat. Je suis actuellement en train de structurer ma propre activité. De plus, les Cigales m'ont permis de m’engager localement et concrètement, cela n’a pas de prix. 
Pour Aurélien, c’est une première expérience bénévole et bien qu'il ait rejoint l’aventure en troisième année d'études supérieures, il a bénéficié des formations cigales et souhaite s’impliquer fortement dans le suivi des projets. Pour Denis, il y a quelques regrets, comme celui de n’avoir pas réussi à faire le suivi de l’entreprise dont il était référent mais souhaite se ré-engager pendant la phase de gestion.
Chacun a ensuite pu expliquer le type d’implication qu’il souhaite donner durant la phase de "gestion" de la Cigales : faire un suivi des projets, ou encore participer à des formations organisées par l’association régionale pour transmettre son expérience aux nouveaux cigaliers, voire s’impliquer dans les instances de l’association régionale où la fédération nationale. Si certains ont rejoint un nouveau club ou souhaitent en créer un, d'autres ont souhaité ne pas poursuivre l'aventure par manque de temps. Le club continuera a se réunir tous les 6 mois pour faire le point sur les investissements et prévoit un week-end nature en dehors de Paris pour se revoir et échanger. 
 
Fanny DARBOIS - Cigales Arrosoir à Déclics 
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